HIER SOIRLE JOURNAL DE L'ETE -niceLes arènes de Cimiez à la mode rasta. Près de 4 500 spectateurs ont vibré à l'unisson aux sonorités reggae de Jimmy Cliff, Groundation et autres rastafari.Peace and Love. C'était bien le refrain de la soirée hier à Cimiez où les vibrations rythmaient une positive communion. Des dreads longs en chignon, ou bien groupés sous casquette ; pieds alternativement en suspension, déhanchements plus que de raison et les couleurs vert-jaune-rouge de la Jamaïque Nation : pas de doute, le Nice Jazz festival avait bien adopté la Marley attitude.Un reggae énergique et festif entamé par les Niçois de Babyclone, preuve qu'il n'y a pas de chapelle à Babylone. Pour autant, malgré leurs reprises des standards, Babyclone n'est pas qu'une reproduction génétique des rastas. Pas besoin d'être né à Kingston pour faire entendre sa voix : « Jump, Jump, Jump ! ». Le parterre de Matisse est conquis par ces Jamaï-musiciens de Nice.Reggae made in France encore avec les Toulousains bondissants de Positive Roots. Le ragga va visiblement bien aux concitadins de Zebda. Toulouse, une Jamaïque aux accents électroniques, où les guitares riment avec pétards (dans le public) et reggae avec modernité. Aux arènes, les papys de Mystic Revelation of Rastafari font le lien avec le passé. Comme on transmet un héritage sacré. Dans leurs costumes africains traditionnels, aux sons des tambours Nyabangui, ces pionniers prouvent que leur musique survit. Même sans Count Ossie. Entre percussions tribales et trompettes jazzy, un son d'union entre toutes les générations. Papys Mythiques pour une mystic révélation ? Dans ce décor antique, le public est aux anges.Groundation, avec effusionC'est alors qu'au jardin, Groundation fait très grosse impression. Tête enturbannée, barbe de prophète et lunette du sage, Harrison Stafford, leader blanc du groupe californien, prèche la « célébration de la musique, du jazz, du hip-hop, du reggae. Il faut croire dans le futur, dans l'amour tous ensemble, à Nice ».Un débit ragga, mitraillette... pour mieux chanter la paix. Les oliviers semblent alors plantés là pour magnifier ce message. Pour l'éternité. Mais Groundation fait aussitôt trembler les fondations, bouscule les traditions et par la grâce de leur instrumentalisation, le reggae-fusion devient expérimentation. Dans la foule, c'est le frisson à effusion.Autre anticonformisme aux arènes, où Bitty Mclean (photo) chante tranquillement sa joie de vivre. Sans rage, sans sexisme, sans drogue. So Clean, Mcclean. Tout d'élégance dans son costume noir, pour un reggae-flirt avec la pop britannique.Bientôt, les audaces de l'électro-jazz. Parmi ces vestiges, contraste avec l'esprit avant-gardiste du Joe Zawinul Syndicate. Autre tableau à Matisse, où le jeune K'naan scande avec verve un hip-hop aux résonnances de Somalie. Mais c'est encore à ce bon vieux Jimmy Cliff de se tailler la part du (roi) lion, au jardin en toute fin de soirée. Reggae night !Alexandre CARINI
Carini Alexandre / LAPOIRIE
Tous droits réservés : Nice Matin
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